Est-ce que je peux manger du surimi enceinte ?

C’est sans aucun doute l’une des questions que mes patientes enceintes me posent le plus souvent ! Pendant la grossesse, il est légitime de s’interroger sur les risques liés à la consommation de certains aliments. Les aliments interdits enceinte sont nombreux, mais le surimi en fait-il partie ?

Manger du surimi enceinte

Pourquoi tant de doutes sur le surimi pendant la grossesse ?

Je peux, je ne peux pas ? En fait cet aliment est un paradoxe à lui tout seul. C’est un produit de la mer qui a l’air à la fois cru, et à la fois hyper industriel ! N’importe quelle femme enceinte vous dira que le poisson cru est prohibé, mais là, on parle d’un produit industriel sous vide. Du coup on ne sait plus trop, on doute, on cherche sur internet, et on arrive ici !

 

Quels risquent sont à craindre lorsque vous consommez du surimi pendant votre grossesse ?

Les deux grands risques auxquels on peut s’attendre avec les produits de la mer, ce sont la listeria et la toxoplasmose.  Certaines pratiques comme la pasteurisation peuvent s’en prémunir. Mais il ne faut pas oublier que les conditions dans lesquels ces produits ont été manipulés, emballés, peuvent poser problème. La direction générale de la santé avait d’ailleurs interrogé l’ANSES sur les possibles contaminations post pasteurisation.

Si vous êtes au 5eme jour de grossesse, à 1 mois, 5 mois ou 9 mois, la probabilité de transmettre la listériose au fœtus n’est pas la même, et les risques non plus.

 

Est-ce que le surimi est cuit ?

Oui et non.

Les produits du commerce appelés surimi respectent la norme NF V45-068. Elle assure le consommateur (vous, moi, nous 😊) que les surimis du rayon frais sont cuits à 70°C pendant plus d’1H30, dans l’emballage hermétique destiné à la vente. Alors oui, le surimi du rayon frais est cuit, bien cuit.

Concernant le surimi congelé, la pasteurisation n’est pas obligatoire. La norme NF V45-068 impose un contrôle microbiologique sur des échantillons de produit. Ils ne sont normalement pas destinés aux consommateurs lambda. Ce sont des produits vendus uniquement aux professionnels. Que peut-on alors penser du surimi proposé au restaurant ? Personnellement je choisirai un autre plat.

 

De quoi sont composés les surimis ?

Ils doivent contenir au minimum 30 % de chair de poisson ou de céphalopode.

Petit intermède culturel avec la définition du Larousse : Le céphalopode est un mollusque marin carnassier, très évolué, dont la tête est munie d’une couronne de tentacules, tel que le poulpe, la seiche, les ammonites fossiles, le nautile.

Pour les 70% restants, vous pouvez trouver :

  • Du poissons, crustacés, mollusques, algues, qui sont mentionnés ou non selon le bon vouloir du fabricant. Du chorizo, lard fumé, fruits, légumes, épices, aromates, alcool.
  • Des arômes additifs et colorants, mais pas de dioxyde de titane (le fameux E 171).
  • Des liants comme le lait, des farines, des huiles végétales ou des huiles d’animaux aquatiques
  • De l’eau, du sucre et du sel.

Mais au fait, pourquoi le surimi est orange ?

La couleur orange est là pour rappeler le crabe ! Mais elle n’a rien de naturel. En général, les fabricants utilisent un colorant naturellement orange : le paprika. D’ailleurs, est-ce que vous achèteriez des surimis tout blancs ?

 

Quelle est la meilleure marque de surimi ?

Les compositions sont assez proches, en tout cas pour les quelques marques que j’ai étudié. Si vous voulez vous faire une idée, je vous donne trois exemples, le surimi Fleuri Michon, celui de la marque U, et le surimi Coraya.

Le surimi Fleury Michon :

surimi fleury michon enceinte

Ingrédients : chair de poisson 42%, eau, amidons, lait écrémé réhydraté, huile de colza, sucre, sel, arômes naturels, paprika

Repères nutritionnels pour 100 gr :

  • 116 kcal / 100 gr
  • 5 gr Matières grasses
  • 4 gr Acides gras saturés
  • 8 gr Sucres
  • 5 gr Sel

Le surimi marque U :

surimi super u

Ingrédients : chair de poisson 38%, eau, amidons, lait écrémé réhydraté, huile de colza, sucre, sel, arômes naturels, paprika

Repères nutritionnels pour 100 g :

  • 116 kcal
  • 5 gr Matières grasses
  • 5 gr Acides gras saturés
  • 3 gr Sucres
  • 5 gr Sel

Le surimi Coraya :

le surimi coraya enceinte

Ingrédients : chair de poisson 38%, eau, fécules blanc d’oeuf réhydraté, huile de colza, sucre, sel, arômes naturels, paprika

Repères nutritionnels pour 100 gr :

  • 112 kcal
  • 2 gr Matières grasses
  • 3 gr Acides gras saturés
  • 3 gr Sucres
  • 5 gr Sel

infographie sur la composition du surimi

Un risque pour votre poids ou votre santé si vous êtes enceinte ?

D’un point de vue nutritionnel, je ne vous cache pas que le surimi ne fait pas partie du top 3. Mais c’est comme tout, il ne faut pas trop en consommer. Si vous en consommez régulièrement, il faut être vigilant quant aux poissons mentionnés dans sa composition. Certains poissons contiennent des métaux lourds, et sont à éviter pendant la grossesse. Si vous voulez que je fasse ma diététicienne relou, je vous dirai que c’est assez salé. Mais bon, du sel il en faut non ?

 

Conclusion : manger du surimi enceinte, oui ou non ?

L’ANSES dit que oui, personnellement je suis plus réservée. Je suis contre la consommation de surimi pendant la grossesse pour trois raisons.

La première raison, c’est que des produits rappelés pour cause de listériose, ça existe ! Certains produits craignent moins que d’autres, les produits à base de poisson sont dans la catégorie « ça craint ».

La deuxième raison, c’est le cas d’une contamination du surimi après ouverture, pendant l’élaboration de salades ou autres sandwiches. Le surimi a un terrain très favorable à la multiplication de bactéries.

La dernière raison, c’est que la grossesse ne dure que quelques mois. Je sais que ce n’est pas facile de s’interdire des aliments (j’ai moi-même déjà été enceinte), mais quelques mois, ça se fait. Vous vous rattraperez avec une overdose de surimi après l’accouchement !

 

 

Sources :

AFNOR (2002) NF V 45-068 (décembre 2002). Poissons transformés. Produits préparés à partir de chair de poissons ou de surimi.

Afssa (2009) Avis sur l’augmentation des cas de listériose et le lien éventuel avec l’évolution des modes de production, de préparation et de consommation des aliments.

Roussel S, Leclercq A, J. S, et al. (2012) Surveillance des Listeria monocytogenes dans les aliments. BEH 9 mai 2012 41-45.

Laissez un commentaire